Alerte sur le patrimoine vernaculaire de Tetovo en Macédoine -
Menace sur le patrimoine historique de Damas -
Menace sur le patrimoine culturel de la Nouvelle Orléans -
Menaces sur le patrimoine de Tripoli au Liban -
Menace sur le patrimoine irakien : Samarra et Babylone -
Menaces sur le patrimoine sacré de Najaf (Irak) -
Un baldaquin d’iconostase dérobéAlerte sur le patrimoine vernaculaire de Tetovo en Macédoine

La commune de Tetovo en Ancienne République yougoslave de Macédoine est riche d’un patrimoine vernaculaire d’exception à l’aube d’une disparition irrémédiable. Le système de protection juridique du patrimoine culturel du pays permet de protéger les plus beaux édifices qui bénéficient d’un classement et à ce titre sont entretenus et conserver, en principe, par l’Institut de protection pour les monuments.
Au terme de la mission d’évaluation de Patrimoine sans frontières en juin 2010 sur la possibilité de mettre en place ce programme de sensibilisation, le constat est alarmant.
La maison jaune, rue Gjore Petrov dans le bazar (Inventaire-maison n°38) de la fin du 19ème est une des maisons traditionnelles les plus emblématiques de la richesse du patrimoine de la ville.
Cette maison est classée au titre de la loi sur la protection du patrimoine. Réhabilitée et ouverte au public, elle pourrait être un lieu clé de la promotion des savoir-faire de la région.
Cependant cette maison vient d’être déclassée, à la demande de son propriétaire par la Direction du patrimoine du Ministère de la Culture au motif qu’elle présente un danger d’insalubrité pour les habitants du quartier. Certainement sa localisation à un point névralgique d’un des quartiers les plus commerçants de la ville où la vente du terrain pourrait atteindre la somme de 1 million d’euros n’est pour rien dans cette décision.
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Crédit photographique : Arno Fougères
Menace sur le patrimoine historique de Damas
Paris le 4 mai 2007
Patrimoine sans frontières condamne les menaces sur le patrimoine historique de Damas
Fondée au IIIe millénaire avant Jésus-Christ, Damas est l’une des plus anciennes villes du Moyen-Orient encore habitée. La ville ancienne, classée par l’UNESCO en 1979 au Patrimoine mondial de l’Humanité, présente l’exemple remarquable d’un tissu urbain qui s’est développé depuis l’époque omeyyade autour des souks, des caravansérails, des mosquées, des palais et des médrasas, tout en conservant dans son plan les tracés des villes romaines et byzantines.
Cet ensemble urbain exceptionnel a conservé en grande partie son intégrité, malgré les démolitions qui ont affecté certains quartiers périphériques hors les murs et les curetages malencontreux aux abords de la citadelle et de la grande mosquée. Mais c’est la cohérence même de cet ensemble qui est aujourd’hui menacée. A l’occasion de l’élection de Damas comme capitale culturelle arabe en 2008, le gouverneur de la capitale syrienne a annoncé la mise en œuvre accélérée d’un projet visant à démolir les quartiers anciens jouxtant la partie nord de la muraille ayyoubide sur les rives du Barada, de part et d’autre de la rue du roi Faysal, et l’ouverture d’une autoroute à huit voies qui traverse la ville ancienne d’est en ouest, coupant la ville intramuros de ses extensions naturelles au nord. D’ores et déjà, le souk el Attik à proximité de la place Marjeh a été démoli, les expropriations ont commencé dans les souks Manakhilieh et le souk des dinandiers, et les études sont engagées pour la mise en œuvre d’un projet d’aménagement comportant la construction de quartiers d’affaires et d’hôtels sur les ruines des souks démolis.

Face à ces menaces, les commerçants et les habitants des quartiers menacés ont constitué un comité de défense, qui a reçu l’appui de nombreux intellectuels, journalistes et historiens syriens. Malgré les protestations grandissantes qui se sont exprimées dans la presse syrienne et arabe et malgré la vive inquiétude exprimée par le Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO, qui risque de conduire à l’inscription de la ville ancienne de Damas sur la liste du Patrimoine en péril, les expropriations se poursuivent et les démolitions sont programmées pour le début de l’été prochain.
Patrimoine sans frontières appelle l’ensemble des amoureux du patrimoine damascène à se mobiliser pour empêcher que l’une des plus anciennes villes du monde ne soit irrémédiablement défigurée au nom d’une vision de l’urbanisme et d’une conception du patrimoine depuis longtemps dépassées.
Menace sur le patrimoine culturel de la Nouvelle Orléans
Paris le 4 mai 2007
Patrimoine sans frontières attire l’attention de la communauté internationale sur la situation de La Nouvelle-Orléans et sur les partis pris de sa reconstruction.
Plus d’un an après le passage de l’ouragan Katrina, la ville en porte encore les stigmates. Elle se reconstruit lentement et inégalement. Les dégâts ont été moins importants dans le centre touristique. Le pittoresque quartier français (French Quarter) et le chic Garden District ont été relativement épargnés en raison de leur position topographique élevée. Au contraire, les quartiers pauvres de l’Est, notamment le Lower Ninth Ward, à majorité noire, ont été totalement inondés, provoquant l’exode massif des habitants. Les plus démunis ne pourront sans doute pas financer une réinstallation, abandonnant nombre d’habitations que convoitent les promoteurs immobiliers.
Certains parlent de raser ce qui reste des quartiers pauvres situés au-dessous du niveau de la mer afin de rétablir les marais protecteurs, ou de rebâtir une ville essentiellement touristique autour du quartier français. Ils veulent laisser ce soin au secteur privé. D’autres envisagent un grand programme public de revitalisation urbaine afin de réorganiser une mixité sociale et raciale. Chargée d’histoire européenne et issue d’un mélange ethnique, La Nouvelle-Orléans est unique. Comme l’ensemble de la Louisiane, elle résulte de la fusion des cultures créole et cadjin. D’abord française, elle a accueilli les Acadiens chassés du Canada par les Anglais. Ensuite espagnole, puis française à nouveau, elle a été vendue par Napoléon, devenant finalement américaine. Sa touche créole, elle la doit à ses racines africaines. De cette histoire sont nées une gastronomie et une musique dont La Nouvelle-Orléans a pu s’enorgueillir. Une histoire où se côtoyaient pauvres et riches, Noirs et Blancs, Créoles et Cadjins. Faire disparaître les uns ou les autres serait atteindre son identité. Si les habitants ne reviennent pas, que deviendra le charme si particulier de La Nouvelle Orléans ? Que deviendraient la mixité sociale et culturelle, les traditions, le patrimoine ?
Si la ville revit progressivement aujourd’hui, c’est différemment : musique et cuisine n’ont plus les mêmes tonalités ni le même goût. Le jazz et le blues semblent avoir perdu leurs droits. La programmation de concerts a chuté. Les musiciens continuent à vivre du jazz, mais à Houston, où ils gagnent deux, voire trois fois leur salaire antérieur. Une bonne majorité d’entre eux n’est malheureusement pas près de retourner à La Nouvelle-Orléans. L’ambiance a changé. Le Mardi gras 2006, déserté par les marching bands, a laissé un goût amer.
Par ailleurs, un tiers seulement des restaurants a rouvert. Les restaurateurs noirs figurent parmi les plus touchés par l’ouragan. Aussi la cuisine néo-orléanaise, héritée de ce métissage culturel européen, africain, caribéen et amérindien, risque-t-elle de s’appauvrir, de perdre en diversité, en inventivité et en singularité. Adieu gumbo (soupe à base de plantes tropicales, avec du riz, des crevettes, du crabe et des épices), huîtres Rockefeller (farcies d’un mélange d’épinards, d’oignon, de persil et de céleri hachés, épicées et parfumées au pastis, et cuites au four) ou encore jambalaya (préparé à base de riz, de viandes, de légumes et d’épices cadjins) ! Pour préserver cette diversité, la reconstruction de la « Newer Orleans » doit être ambitieuse non seulement techniquement, mais aussi démocratiquement et socialement. Elle doit permettre de réintégrer la population déshéritée, largement majoritaire. La sauvegarde du patrimoine culturel de la ville en dépend.
La reconstruction doit veiller à préserver le patrimoine musical, ce qui implique de procurer aux artistes les moyens tant financiers que matériels de se réinstaller. Une mission difficile compte tenu de la forte hausse que les loyers ont subie et de la baisse notable que connaît l’affluence touristique. Consciente de l’enjeu, l’association Habitat for Humanity a entrepris avec le « Musicians’ Village Project », conçu par Harry Connick Jr. et Branford Marsalis, de mettre à la disposition des artistes des maisons à bas loyer, voire de subventionner des reconstructions de magasins de musique et de studios d’enregistrement. Le projet prévoit également des aides pour racheter des instruments.
La richesse et la singularité du patrimoine culinaire dépendront du soutien financier apporté aux restaurateurs des quartiers à prédominance noire pour leur permettre de rouvrir. La Southern Foodways Alliance s’est donnée pour mission de récolter des fonds et de réunir des volontaires afin de nettoyer et de reconstruire. Elle a déjà sauvé des flots et de la faillite le fameux restaurant Scotch House, de Willie Mae.
Participer à la préservation du patrimoine néo-orléanais et soutenir l’action de ces deux associations est notamment possible par le biais de leurs sites :
Menaces sur le patrimoine de Tripoli au Liban
Pour sauver la Foire Internationale de Tripoli, oeuvre majeure de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.
Paris, le lundi 7 octobre 2004.

La Foire Internationale de Tripoli (Liban) constitue une des oeuvres majeures, encore assez peu connue, de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. Mis en chantier en 1963, suite à une commande du gouvernement libanais, le projet a été réalisé de 1968 à 1974 mais n’a jamais été mis en fonctionnement du fait de la guerre qui a ravagé le Liban jusqu’en 1990. Au début de l’année 2004, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tripoli a lancé un projet visant à transformer le site de la Foire Internationale en un "village touristique destiné à accueillir des millions de visiteurs par an" sur le modèle de Disneyland. Les images de projet publiées dans la presse montrent un véritable massacre de l’architecture de Niemeyer : transformation des bâtiments existants sans aucun souci de leur cohérence architecturale, addition de constructions en pastiche "néo-libanais" qui dénaturent la composition d’ensemble, occupation sauvage des espaces paysagers qui détruit la magie du lieu. Bien que les premières études aient déjà démarré, il est encore possible d’arrêter ce projet qui défigure un des repères essentiels de Tripoli et du Liban moderne. Patrimoine sans frontières appelle à une mobilisation urgente pour lancer une campagne internationale visant à sauver la Foire de Tripoli, l’une des oeuvres architecturales majeures du patrimoine du XXème siècle.
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Menace sur le patrimoine irakien : Samarra et Babylone
Paris le 21 octobre 2005
Patrimoine sans frontières alerte la conscience mondiale sur la situation des sites archéologiques irakiens. L’Irak, berceau de notre civilisation, où fut notamment inventé l’écriture, voit son patrimoine archéologique menacé par la guerre, un peu plus chaque jour.
D’importants sites archéologique comme Samarra ou Babylone risquent d’irréparables dommages. Des monuments sont détruits et vendus morceaux par morceaux. Des nécropoles sont pillées...
Ci-contre la Porte d’Isthar de Babylone reconstituée au Musée de Berlin
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Menaces sur le patrimoine sacré de Najaf (Irak)
et sur de multiples autres sites culturels irakiens Paris, le mercredi 18 Août 2004
Après deux semaines de combats à Najaf en Irak, Patrimoine sans Frontières appelle solennellement toutes les parties à respecter le patrimoine de ce lieu saint pour les musulmans chiites, et demande à la communauté internationale de se mobiliser contre la prise en otage de lieux culturels et sacrés. Ce lieu est un des joyaux du patrimoine culturel irakien et du fait de son importance pour l’histoire de l’humanité, il fait partie de notre patrimoine à tous. Des combats se sont déroulés au sein même du cimetière historique de Najaf (le Wadi Al- Salam, la vallée de la paix, l’un des plus grands cimetières du monde), provoquant la dégradation du site et la destruction de nombreuses tombes, dont certaines remontent au début de l’ère islamique (VIIe siècle). Patrimoine sans Frontières tient par ce communiqué à rappeler les menaces qui pèsent encore, plus d’un an après le début de la guerre, sur le patrimoine culturel irakien.
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Un baldaquin d’iconostase dérobé
Paris, le jeudi 16 septembre 2004
Vol d’une partie d’une iconostase du XVIIIème siècle dans l’église Saint-Athanase de Voskopojë
Patrimoine sans frontières (Psf), qui participe à la restauration de l’église Saint-Athanase à Voskopojë en Albanie depuis plusieurs années, s’indigne du vol du baldaquin de cette église neo-byzantine du XVIIIème siècle, vol qui a fait la une des plus grands médias du pays. L’Ambassade d’Albanie en France et la Délégation de l’Albanie auprès de l’UNESCO s’associent à cette alerte. Le baldaquin, qui est la partie supérieure de l’iconostase (fronton séparant la partie centrale de l’église de l’autel), est une pièce de bois sculptée et dorée à l’or fin de quatre mètres de long. Sur la surface, on trouve une dizaine d’icônes alignées représentant Jésus et ses apôtres. Le baldaquin aurait été peint en 1720 par Constantin Ieromonakos. Patrimoine sans frontières détient une photographie très détaillée de l’iconostase (relevé photogrammétrique) réalisée en Août 2003.
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