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Le village de Battir et la vallée de Crémisan : patrimoines palestiniens en danger

Le 4 février 2014.

Le village de Battir et la vallée de Crémisan : patrimoines palestiniens en danger

Le village historique de Battir, aux terrasses vieilles de plus de 4 000 ans, et la vallée de Crémisan — vallée recouverte d’oliviers et de citronniers, productrice du vin de messe de toute la Terre sainte — sont aujourd’hui menacés par le mur de séparation prévu par les autorités israéliennes.

En effet, les collines du village de Battir, situées en contre-bas de Bethléem, disposent d’un système complexe d’irrigation qui utilise des terrasses agricoles artificielles délimitées par des murets de pierres sèches et d’un système de canaux permettant de détourner l’eau manuellement à l’aide de vannes jusqu’aux plateaux cultivés. Si le système d’irrigation des parcelles, doté en outre d’un petit aqueduc antique creusé dans la roche, date de l’époque romaine, le paysage de terrasses agricoles remonterait, selon les historiens, à l’époque des Cananéens, soit au IIIe millénaire avant Jésus-Christ. Ce réseau de terrasses irriguées serait « le plus long réseau de terrasses de toute la Palestine » selon un guide palestinien.

(c)FLICKR/CatholicChurch-EnglandandWales

Le maire de Battir, Akram Bader, a expliqué à l’AFP que la construction du mur provoquerait la « destruction des parties du système d’irrigation qui existe depuis 2 500 ans, y compris les canaux de pierre romains ». Les plans prévoient en effet de séparer définitivement le village des terrasses agricoles, causant inéluctablement leur abandon. Il causerait ainsi, non seulement la destruction d’un paysage naturel et culturel d’une valeur unique, mais aussi la destruction de pratiques agricoles ancestrales.

Le cadre exceptionnel et la richesse du village de Battir et de la vallée de Crémisan sont reconnus internationalement. Un écomusée visant à préserver le paysage et le patrimoine immatériel de Battir a été fondé avec le soutien de l’UNESCO et de fonds italiens. Un dossier a déjà été réalisé en vue du classement du site au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Différentes voix se sont levées pour protester contre l’extension du mur. Ainsi, le recours présenté par l’ONG Les Amis de la Terre/Moyen-Orient a notamment reçu le soutien de l’Autorité israélienne des réserves et parcs naturels, au nom de la protection de l’environnement et du site. Le Consul général de France s’est également rendu dans la vallée de Crémisan pour manifester son soutien aux populations.

(c)WIKIPEDIA/Idobi

Patrimoine sans frontières joint sa voix aux appels lancés par les ONG, autorités religieuses et municipales, personnes publiques et privées, qui s’inquiètent du risque de disparition totale et définitive des patrimoines culturels, naturels et immatériels du village de Battir et de la vallée de Crémisan que provoquerait inéluctablement l’extension du mur de séparation.

source : http://www.assawra.info/spip.php ?article6042 sources images : (c)FLICKR/CatholicChurch-EnglandandWales & (c)WIKIPEDIA/Idobi

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Le village de Battir et la vallée de Crémisan : patrimoines palestiniens en danger


Alerte. Protection du patrimoine, l’urgence en Albanie.

4 mars 2013

Le patrimoine Albanais souffre : manque de moyens, manque de personnel, défaut des institutions. Des lieux exceptionnels sont laissés sans protection : tel est le cas de la petite église de Valsh, au sud d’Elbasan (environ 60 km de Tirana).

Chapelle Saint-Premte. © Auron Tare

Chapelle Saint-Premte.

Ses peintures murales, datant du XVIe siècle et vraisemblablement de la main du plus célèbre peintre d’icônes albanais, Onufri, ont été vandalisées début janvier.

Les voleurs, par deux fois, ont pu pénétrer dans l’église non gardée et ont essayé de détacher des pans de fresques. Les visages de saints ont surtout été visés, les parties ont été arrachées sous les coups d’outils divers, laissant au sol les morceaux inutilisables, détruits. La violence de l’action a surpris. Ce n’est pas commun de procéder ainsi, les pillages s’opèrent en général sur les éléments mobiles des églises (fréquemment sur les icônes) mais jamais encore sur des peintures murales : mais le résultat est bien là, désastreux pour le patrimoine albanais, désastreux pour les institutions qui ne savent pas empêcher ces méfaits.

 © Auron Tare

La communauté scientifique albanaise, les institutions publiques et le ministère de la Culture ont été interpellés, suscitant de vifs débats sur la protection du patrimoine en Albanie, sur les lenteurs et la négligence des pouvoirs publics à agir.

Artan Shkreli et Auron Tare, deux experts du patrimoine mandatés sur place après les faits, ont manifesté leur indignation par rapport au peu de réponse du ministère de la Culture et ont souhaité porter l’attention des médias sur cette situation. Selon les intéressés, il faudrait tout un nouveau système qui pourrait changer la dynamique autour du patrimoine culturel.

Patrimoine sans frontières, dont la coopération avec l’Albanie a été l’une des plus intenses et des plus étroites, ne peut que dénoncer ces atteintes irréversibles à son patrimoine et appelle à un soutien renouvelé des actions de coopération dans ce pays.

 © Auron Tare

Crédit photographique : Auron Tare http://www.pasthorizonspr.com/index.php/archives/01/2013/albanian-frescoes-sustain-irreversible-damage

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Alerte. Protection du patrimoine, l’urgence en Albanie.


Alerte sur le patrimoine culturel d’Alep, Syrie.

30 aout 2012

Alors que la Syrie n’en finit pas de compter ses morts, le patrimoine historique exceptionnel de ce pays, menacé par le conflit, suscite de vives inquiétudes. Des voix se sont élevées dès le début des affrontements pour dénoncer les risques pesant sur des sites d’une grande valeur historique et sur la nécessité de les protéger.

En mars dernier, devant la dégradation de la situation, la directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, a lancé un appel à toutes les parties impliquées dans le conflit pour qu’elles assurent la protection de cet héritage culturel exceptionnel qui compte près de 5 000 sites historiques, vieux pour certains de plusieurs milliers d’années, dont six sont inscrits sur la liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO et douze sur la liste indicative. Selon un rapport publié par le Global Heritage Fund en mai dernier, les villes mortes du nord de la Syrie, l’ancienne ville romaine de Bosra, située dans la région montagneuse du djebel druze dans le Sud, la citadelle de Madiq, située près des ruines antiques d’Apamée dans la province de Hama et habitée depuis le néolithique, ainsi que le célèbre krak des Chevaliers, forteresse croisée de la province de Homs, ont été gravement endommagés.

Les traces des bombardements à l'entrée de la citadelle d'Alep

Les traces des bombardements à l’entrée de la citadelle d’Alep.

Jad Tabet, vice-président de Patrimoine sans frontières, a pu rencontrer à Beyrouth des spécialistes syriens du patrimoine réfugiés au Liban, qui lui ont fait part de leur grande inquiétude face aux dangers qui menacent actuellement la vieille ville d’Alep où se déroulent de violents combats depuis quelques semaines.

Inscrite par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité, la vieille ville d’Alep témoigne de la richesse et de la diversité des civilisations qui s’y sont succédées depuis le IIe millénaire avant Jésus-Christ. De nombreuses périodes de l’histoire ont imprimé leur marque sur le tissu architectural de la ville, depuis les Hittites, les Assyriens, les Akkadiens, les Grecs et les Romains, jusqu’aux Omeyyades, aux Ayyoubides, aux Mamelouks et aux Ottomans. Les souks, les palais, les khans, les bains publics, la citadelle, la grande mosquée fondée sous les Omeyyades et reconstruite au XIIe siècle, la madrasa Halawiyé du XIIe siècle qui intègre les vestiges de l’ancienne cathédrale chrétienne, le Bimaristan Arghun al Kamili construit au XIVe siècle pour abriter les malades mentaux ainsi que d’autres mosquées et madrasas, témoignent de manière exceptionnelle des aspects sociaux, culturels et économiques de ce qui fut l’une des villes les plus riches du Levant.

Localisés jusqu’au début du mois d’août dans les quartiers périphériques, les combats touchent depuis quelques semaines le centre de la ville et menacent désormais son cœur historique. La monumentale citadelle, qui s’élève au-dessus de la vieille ville et qui abrite les vestiges de mosquées, de palais et de thermes, a subi de nombreux bombardements qui ont notamment endommagé son portail d’entrée et le pont de pierre qui surplombe les douves. Plusieurs autres édifices historiques, dont la mosquée de Mahmandar située dans le quartier de Bab el Nasr, ont également été touchés. Les quartiers de Jdeideh et de Sleimanyeh ont été le théâtre de combats violents et les autres quartiers de la vieille ville sont soumis à des bombardements lourds. Il est à craindre qu’avec l’intensification des combats, l’intervention des chars et de l’aviation, et la volonté proclamée de faire de la bataille d’Alep « la mère de toutes les batailles », le patrimoine de la vieille ville ne connaisse le même sort que de nombreux quartiers historiques de Homs, détruits lors des affrontements du printemps dernier.

Dans ces circonstances dramatiques où le bilan des victimes s’alourdit chaque jour, Patrimoine sans frontières joint sa voix à celles des organisations de défense du patrimoine syrien pour appeler au respect des conventions internationales dont la Syrie est signataire, afin de sauver aussi de la destruction un patrimoine unique qui a survécu pendant des siècles aux guerres, aux invasions et aux catastrophes naturelles.

La destruction du Quartier historique de Bab el Turkman à Homs

La destruction du Quartier historique de Bab el Turkman à Homs.

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Suivi de l’alerte sur le patrimoine architectural du 20e siècle de Casablanca

La destruction de l’immeuble Piot-Templier a débuté vendredi 15 juillet et s’est poursuivi samedi 16 juillet. La démolition doit cependant continuer.

Témoignage remarquable de l’architecture néo-mauresque et art déco du XXe siècle, l’immeuble Piot-Templier fait partie d’un ensemble patrimonial et urbain remarquable de Casablanca, situé le long de l’avenue Mohammed-V. Malgré un arrêté pris par le gouverneur au mois de janvier 2011, les actions menées par le ministère de la Culture, et la forte mobilisation du tissu associatif local, le processus de destruction n’a pu être empêché. Une mobilisation d’artistes et de citoyens a été organisée le dimanche 17 juillet pour protester contre la poursuite des démolitions.

Patrimoine sans frontières tient à rappeler que par ce type d’action, c’est l’histoire de la ville et de ses habitants que l’on efface, et ce sont les influences qui l’ont traversées que l’on estompe, au détriment de la mémoire et du développement des générations actuelles et futures.

Immeuble Piot-Templier, Samedi 16 juillet 2011©Casa mémoire Immeuble Piot-Templier, Samedi 16 juillet 2011©Casa mémoire

- Revoir l’alerte de Patrimoine sans frontières (mars 2011

- lire l’article du journal Le soir les echos

- lire l’article du quotidien aufaimaroct

- Voir le site de l’association Casa mémoire.


Alerte en Libye : menaces sur le site archéologique de Leptis Magna

Juin 2011

Le site archéologique de Leptis Magna se situe en Libye à 120 kilomètres à l’est de Tripoli. La ville fut fondée par les Phéniciens au VII° siècle avant Jésus-Christ. Elle a connu son apogée sous Septime Sévère en 193 après Jésus-Christ. qui en fit l’une des plus belles cités nord-africaine de l’époque, rivalisant avec Carthage et Alexandrie. Cette ancienne cité est une réalisation unique de la planification urbaine de l’époque. Pillée par les Berbères au IV° siècle puis reconquise par les Byzantins, qui en firent une place forte, la ville fut reconquise par les Hilaliens au XI° siècle. À partir de cette époque, la ville sombra peu à peu dans l’oubli avant d’être redécouverte par des fouilles archéologiques au début du XX° siècle. Témoignage unique de l’urbanisme de l’époque et de l’architecture romaine nord-africaine, le site a été classé en 1982 au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Il est aujourd’hui menacé par les affrontements entre les forces pro-Khadafi et l’OTAN.

Dans un article du Washington Post paru le 16 juin et intitulé "Fear for Libya’s Roman ruins", Susan Kane, professeur d’archéologie au collège d’Oberlin dans l’Ohio, qui a mené de nombreux projets en lien avec le patrimoine en Libye, fait part de ses craintes de destruction et d’atteinte au patrimoine à Leptis Magna. Selon des témoignages libyens, le site sert à cacher des armes appartenant au régime de Kadhafi, et pourrait être bombardé par les appareils de l’OTAN. La ligne de front se situe à 40 kilomètres à l’est du site. Des journalistes ont été invités sur place par les forces loyales à Mouammar Kadhafi pour rendre compte de l’absence d’armes sur place. Cependant, aucune garantie de protection n’existe pour ce site à l’heure actuelle. Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, a fait une déclaration demandant que les opérations militaires soient effectuées dans le respect de la convention de La Haye pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. Cinq autres sites sont inscrits au patrimoine mondial par l’UNESCO de Libye.

Patrimoine sans frontières souhaite attirer l’attention sur les risques encourus par le site archéologiques de Leptis Magna et n’affirme rien quant à des caches d’armes sur le site. Les informations relayées s’appuient sur des articles respectivement du Washington Post et du Huffington Post, de l’Unesco et du blog Culture Conflict Cooperation dont voici les liens :

Article du Washington Post http://www.washingtonpost.com/world/middle-east/fear-for-libyas-roman-ruins/2011/06/15/AGlDYTWH_story.html

Article du Huffington Post http://www.huffingtonpost.com/artinfo/is-gaddafi-stashing-rocke_b_881155.html

Description de Leptis Magna sur le site de l’UNESCO http://whc.unesco.org/fr/list/183/

Article détaillé sur le blog Culture Conflict Cooperation http://www.cultureconflictcooperation.com/

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Alerte sur la destruction du patrimoine culturel et architectural de Bucarest, Roumanie

Avril 2011

Patrimoine sans frontières relaie une alerte lancée par l’association franco- roumaine Pro Patrimonio, concernant la destruction en cours du patrimoine culturel et architectural de la ville de Bucarest, Roumanie.

La mairie de la capitale roumaine est à l’origine d’un projet d’urbanisme relatif à la construction d’un axe routier de 2,7 km visant à relier le Palais Victoria (siège du gouvernement) au Palais du Parlement, sans aucun souci de préservation des richesses architecturales du quartier Berzei-Buzeşti, situé sur la trajectoire de la nouvelle artère.

Ce projet menace de disparition totale l’une des zones historiques de la ville et aura un impact destructif sur 8 des 98 secteurs sauvegardés que compte Bucarest.

Ce projet est d’autant plus inquiétant, qu’il représente la continuation de l’urbanisation forcée sous Ceausescu dans les années 1980, qui avaient entraîné, par exemple, la démolition de 520ha du centre ville pour la construction du Palais du Parle- ment, anciennement Maison du Peuple.

PSF entend continuer sa veille sur les menaces de destruction qui pourraient se produire à l’avenir sur le patrimoine urbain et architectural de la ville.

En savoir plus : Document pdf

www.propatrimonio.org

Suivi de l’alerte sur la destruction du patrimoine culturel et architectural de Bucarest, Roumanie

Un article rédigé conjointement par l’AFP et le magazine en ligne "artclair.com" et intitulé "les travaux routiers au cœur de Bucarest sont stoppés" a été publié le 6 juin 2011 sur le site "artclair.com".

L’article fait part de la demande de la ministre roumaine du tourisme et du développement, Elena Udrea de stopper les travaux de la construction de l’axe routier qui menacent le quartier historique de Berzei-Buzesti et annonce l’organisation prochaine d’un débat public pour la mise en valeur du patrimoine de la ville. D’ores et déjà, un millier de personnes ont été évacuées dans des circonstances très critiquées et 75 immeubles ont été détruits. Enfin, même si le projet est aujourd’hui arrêté, il convient de rester vigilant pour que dans le futur d’autres destructions similaires se reproduisent.

Patrimoine sans frontières avait relayé l’alerte émise par l’association Pro-patrimonio sur la destruction du patrimoine de Bucarest, et ce en totale contradiction avec les principes de la charte de Leipzig sur la ville européenne durable signée en 2007.

Lien vers l’article :

http://www.artclair.com/site/archives/docs_article/84078/le-patrimoine-culturel-et-architectural-de-bucarest-en-danger-.php#evitement


Alerte sur le patrimoine architectural du 20e siècle de Casablanca

Mars 2011

Malgré des démarches de classement des monuments historiques de Casablanca, ces derniers subissent toujours des menaces sévères en raison de leur état d’abandon, des difficultés administratives ou des contentieux avec les propriétaires privés

Pourtant, Casablanca est un témoin vivant de la frénésie architecturale qui s’est emparée de la ville dans les années 20-30, la transformant en un véritable laboratoire architectural et urbain.

Cependant, aujourd’hui près de 40% de ces bâtiments auraient disparu, par abandon, par négligence ou sous la pression immobilière. La disparition de ces bâtiments est une véritable perte pour le patrimoine culturel de Casablanca.

Patrimoine sans frontières souhaite alerter ses partenaires sur la fragilité du patrimoine du XXe siècle de Casablanca dans un contexte de forte pression immobilière. Elle entend continuer sa veille sur les menaces de destruction qui pourraient se produire à l’avenir sur le patrimoine urbain et architectural de la ville.

En savoir plus : dossier pdf

Crédit photographique : Casa Mémoire


Le souvenir des gladiateurs de Pompei emporté par la pluie

Nov. 2010

La villa des gladiateurs avait résisté à l’éruption du Vésuve en 79, elle n’a pas survécu à la négligence. Cette ancienne maison de Lucretius Fronto, où de nombreux graffitis évoquent les victoires et les conquêtes amoureuses des gladiateurs, donne sur la rue principale, la rue de l’Abondance, la plus fréquentée par les touristes. Sous la pression des pluies diluviennes, elle s’est effondrée le 5 novembre dernier.

Classée patrimoine mondial de l’Humanité, son effondrement a provoqué une vive émotion et des réactions indignées.


Alerte sur le patrimoine vernaculaire de Tetovo en Macédoine

La commune de Tetovo en Ancienne République yougoslave de Macédoine est riche d’un patrimoine vernaculaire d’exception à l’aube d’une disparition irrémédiable. Le système de protection juridique du patrimoine culturel du pays permet de protéger les plus beaux édifices qui bénéficient d’un classement et à ce titre sont entretenus et conserver, en principe, par l’Institut de protection pour les monuments.

Au terme de la mission d’évaluation de Patrimoine sans frontières en juin 2010 sur la possibilité de mettre en place ce programme de sensibilisation, le constat est alarmant.

La maison jaune, rue Gjore Petrov dans le bazar (Inventaire-maison n°38) de la fin du 19ème est une des maisons traditionnelles les plus emblématiques de la richesse du patrimoine de la ville.

Cette maison est classée au titre de la loi sur la protection du patrimoine. Réhabilitée et ouverte au public, elle pourrait être un lieu clé de la promotion des savoir-faire de la région.

Cependant cette maison vient d’être déclassée, à la demande de son propriétaire par la Direction du patrimoine du Ministère de la Culture au motif qu’elle présente un danger d’insalubrité pour les habitants du quartier. Certainement sa localisation à un point névralgique d’un des quartiers les plus commerçants de la ville où la vente du terrain pourrait atteindre la somme de 1 million d’euros n’est pour rien dans cette décision.

Pour en savoir plus, dossier PDF

Crédit photographique : Arno Fougères


Menaces sur le patrimoine de Tripoli au Liban

Pour sauver la Foire Internationale de Tripoli, oeuvre majeure de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer.

Paris, le lundi 7 octobre 2004.


Foire Internationale de Tripoli, Liban ©D. Halabi

La Foire Internationale de Tripoli (Liban) constitue une des oeuvres majeures, encore assez peu connue, de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. Mis en chantier en 1963, suite à une commande du gouvernement libanais, le projet a été réalisé de 1968 à 1974 mais n’a jamais été mis en fonctionnement du fait de la guerre qui a ravagé le Liban jusqu’en 1990. Au début de l’année 2004, la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tripoli a lancé un projet visant à transformer le site de la Foire Internationale en un "village touristique destiné à accueillir des millions de visiteurs par an" sur le modèle de Disneyland. Les images de projet publiées dans la presse montrent un véritable massacre de l’architecture de Niemeyer : transformation des bâtiments existants sans aucun souci de leur cohérence architecturale, addition de constructions en pastiche "néo-libanais" qui dénaturent la composition d’ensemble, occupation sauvage des espaces paysagers qui détruit la magie du lieu. Bien que les premières études aient déjà démarré, il est encore possible d’arrêter ce projet qui défigure un des repères essentiels de Tripoli et du Liban moderne. Patrimoine sans frontières appelle à une mobilisation urgente pour lancer une campagne internationale visant à sauver la Foire de Tripoli, l’une des oeuvres architecturales majeures du patrimoine du XXème siècle.

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Menace sur le patrimoine irakien : Samarra et Babylone

Paris le 21 octobre 2005

Patrimoine sans frontières alerte la conscience mondiale sur la situation des sites archéologiques irakiens. L’Irak, berceau de notre civilisation, où fut notamment inventé l’écriture, voit son patrimoine archéologique menacé par la guerre, un peu plus chaque jour.

D’importants sites archéologique comme Samarra ou Babylone risquent d’irréparables dommages. Des monuments sont détruits et vendus morceaux par morceaux. Des nécropoles sont pillées...

Ci-contre la Porte d’Isthar de Babylone reconstituée au Musée de Berlin

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Menaces sur le patrimoine sacré de Najaf (Irak)

et sur de multiples autres sites culturels irakiens Paris, le mercredi 18 Août 2004

Après deux semaines de combats à Najaf en Irak, Patrimoine sans Frontières appelle solennellement toutes les parties à respecter le patrimoine de ce lieu saint pour les musulmans chiites, et demande à la communauté internationale de se mobiliser contre la prise en otage de lieux culturels et sacrés. Ce lieu est un des joyaux du patrimoine culturel irakien et du fait de son importance pour l’histoire de l’humanité, il fait partie de notre patrimoine à tous. Des combats se sont déroulés au sein même du cimetière historique de Najaf (le Wadi Al- Salam, la vallée de la paix, l’un des plus grands cimetières du monde), provoquant la dégradation du site et la destruction de nombreuses tombes, dont certaines remontent au début de l’ère islamique (VIIe siècle). Patrimoine sans Frontières tient par ce communiqué à rappeler les menaces qui pèsent encore, plus d’un an après le début de la guerre, sur le patrimoine culturel irakien.

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Un baldaquin d’iconostase dérobé

Paris, le jeudi 16 septembre 2004

Vol d’une partie d’une iconostase du XVIIIème siècle dans l’église Saint-Athanase de Voskopojë


Détail de la frise sculptée de l’iconostase ©Psf / Art Graphique & Patrimoine

Patrimoine sans frontières (Psf), qui participe à la restauration de l’église Saint-Athanase à Voskopojë en Albanie depuis plusieurs années, s’indigne du vol du baldaquin de cette église neo-byzantine du XVIIIème siècle, vol qui a fait la une des plus grands médias du pays. L’Ambassade d’Albanie en France et la Délégation de l’Albanie auprès de l’UNESCO s’associent à cette alerte. Le baldaquin, qui est la partie supérieure de l’iconostase (fronton séparant la partie centrale de l’église de l’autel), est une pièce de bois sculptée et dorée à l’or fin de quatre mètres de long. Sur la surface, on trouve une dizaine d’icônes alignées représentant Jésus et ses apôtres. Le baldaquin aurait été peint en 1720 par Constantin Ieromonakos. Patrimoine sans frontières détient une photographie très détaillée de l’iconostase (relevé photogrammétrique) réalisée en Août 2003.

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Menace sur le patrimoine historique de Damas

Paris le 4 mai 2007

Patrimoine sans frontières condamne les menaces sur le patrimoine historique de Damas

Fondée au IIIe millénaire avant Jésus-Christ, Damas est l’une des plus anciennes villes du Moyen-Orient encore habitée. La ville ancienne, classée par l’UNESCO en 1979 au Patrimoine mondial de l’Humanité, présente l’exemple remarquable d’un tissu urbain qui s’est développé depuis l’époque omeyyade autour des souks, des caravansérails, des mosquées, des palais et des médrasas, tout en conservant dans son plan les tracés des villes romaines et byzantines.

Cet ensemble urbain exceptionnel a conservé en grande partie son intégrité, malgré les démolitions qui ont affecté certains quartiers périphériques hors les murs et les curetages malencontreux aux abords de la citadelle et de la grande mosquée. Mais c’est la cohérence même de cet ensemble qui est aujourd’hui menacée. A l’occasion de l’élection de Damas comme capitale culturelle arabe en 2008, le gouverneur de la capitale syrienne a annoncé la mise en œuvre accélérée d’un projet visant à démolir les quartiers anciens jouxtant la partie nord de la muraille ayyoubide sur les rives du Barada, de part et d’autre de la rue du roi Faysal, et l’ouverture d’une autoroute à huit voies qui traverse la ville ancienne d’est en ouest, coupant la ville intramuros de ses extensions naturelles au nord. D’ores et déjà, le souk el Attik à proximité de la place Marjeh a été démoli, les expropriations ont commencé dans les souks Manakhilieh et le souk des dinandiers, et les études sont engagées pour la mise en œuvre d’un projet d’aménagement comportant la construction de quartiers d’affaires et d’hôtels sur les ruines des souks démolis.

Face à ces menaces, les commerçants et les habitants des quartiers menacés ont constitué un comité de défense, qui a reçu l’appui de nombreux intellectuels, journalistes et historiens syriens. Malgré les protestations grandissantes qui se sont exprimées dans la presse syrienne et arabe et malgré la vive inquiétude exprimée par le Centre du Patrimoine mondial de l’UNESCO, qui risque de conduire à l’inscription de la ville ancienne de Damas sur la liste du Patrimoine en péril, les expropriations se poursuivent et les démolitions sont programmées pour le début de l’été prochain.

Patrimoine sans frontières appelle l’ensemble des amoureux du patrimoine damascène à se mobiliser pour empêcher que l’une des plus anciennes villes du monde ne soit irrémédiablement défigurée au nom d’une vision de l’urbanisme et d’une conception du patrimoine depuis longtemps dépassées.

Voir le communiqué de presse


Menace sur le patrimoine culturel de la Nouvelle Orléans

Paris le 4 mai 2007

Alerte sur La Nouvelle-Orléans

Patrimoine sans frontières attire l’attention de la communauté internationale sur la situation de La Nouvelle-Orléans et sur les partis pris de sa reconstruction.

Plus d’un an après le passage de l’ouragan Katrina, la ville en porte encore les stigmates. Elle se reconstruit lentement et inégalement. Les dégâts ont été moins importants dans le centre touristique. Le pittoresque quartier français (French Quarter) et le chic Garden District ont été relativement épargnés en raison de leur position topographique élevée. Au contraire, les quartiers pauvres de l’Est, notamment le Lower Ninth Ward, à majorité noire, ont été totalement inondés, provoquant l’exode massif des habitants. Les plus démunis ne pourront sans doute pas financer une réinstallation, abandonnant nombre d’habitations que convoitent les promoteurs immobiliers.

Certains parlent de raser ce qui reste des quartiers pauvres situés au-dessous du niveau de la mer afin de rétablir les marais protecteurs, ou de rebâtir une ville essentiellement touristique autour du quartier français. Ils veulent laisser ce soin au secteur privé. D’autres envisagent un grand programme public de revitalisation urbaine afin de réorganiser une mixité sociale et raciale. Chargée d’histoire européenne et issue d’un mélange ethnique, La Nouvelle-Orléans est unique. Comme l’ensemble de la Louisiane, elle résulte de la fusion des cultures créole et cadjin. D’abord française, elle a accueilli les Acadiens chassés du Canada par les Anglais. Ensuite espagnole, puis française à nouveau, elle a été vendue par Napoléon, devenant finalement américaine. Sa touche créole, elle la doit à ses racines africaines. De cette histoire sont nées une gastronomie et une musique dont La Nouvelle-Orléans a pu s’enorgueillir. Une histoire où se côtoyaient pauvres et riches, Noirs et Blancs, Créoles et Cadjins. Faire disparaître les uns ou les autres serait atteindre son identité. Si les habitants ne reviennent pas, que deviendra le charme si particulier de La Nouvelle Orléans ? Que deviendraient la mixité sociale et culturelle, les traditions, le patrimoine ?

Si la ville revit progressivement aujourd’hui, c’est différemment : musique et cuisine n’ont plus les mêmes tonalités ni le même goût. Le jazz et le blues semblent avoir perdu leurs droits. La programmation de concerts a chuté. Les musiciens continuent à vivre du jazz, mais à Houston, où ils gagnent deux, voire trois fois leur salaire antérieur. Une bonne majorité d’entre eux n’est malheureusement pas près de retourner à La Nouvelle-Orléans. L’ambiance a changé. Le Mardi gras 2006, déserté par les marching bands, a laissé un goût amer.

Par ailleurs, un tiers seulement des restaurants a rouvert. Les restaurateurs noirs figurent parmi les plus touchés par l’ouragan. Aussi la cuisine néo-orléanaise, héritée de ce métissage culturel européen, africain, caribéen et amérindien, risque-t-elle de s’appauvrir, de perdre en diversité, en inventivité et en singularité. Adieu gumbo (soupe à base de plantes tropicales, avec du riz, des crevettes, du crabe et des épices), huîtres Rockefeller (farcies d’un mélange d’épinards, d’oignon, de persil et de céleri hachés, épicées et parfumées au pastis, et cuites au four) ou encore jambalaya (préparé à base de riz, de viandes, de légumes et d’épices cadjins) ! Pour préserver cette diversité, la reconstruction de la « Newer Orleans » doit être ambitieuse non seulement techniquement, mais aussi démocratiquement et socialement. Elle doit permettre de réintégrer la population déshéritée, largement majoritaire. La sauvegarde du patrimoine culturel de la ville en dépend.

La reconstruction doit veiller à préserver le patrimoine musical, ce qui implique de procurer aux artistes les moyens tant financiers que matériels de se réinstaller. Une mission difficile compte tenu de la forte hausse que les loyers ont subie et de la baisse notable que connaît l’affluence touristique. Consciente de l’enjeu, l’association Habitat for Humanity a entrepris avec le « Musicians’ Village Project », conçu par Harry Connick Jr. et Branford Marsalis, de mettre à la disposition des artistes des maisons à bas loyer, voire de subventionner des reconstructions de magasins de musique et de studios d’enregistrement. Le projet prévoit également des aides pour racheter des instruments.

La richesse et la singularité du patrimoine culinaire dépendront du soutien financier apporté aux restaurateurs des quartiers à prédominance noire pour leur permettre de rouvrir. La Southern Foodways Alliance s’est donnée pour mission de récolter des fonds et de réunir des volontaires afin de nettoyer et de reconstruire. Elle a déjà sauvé des flots et de la faillite le fameux restaurant Scotch House, de Willie Mae.

Participer à la préservation du patrimoine néo-orléanais et soutenir l’action de ces deux associations est notamment possible par le biais de leurs sites :

- Southern Foodways Alliance

- Habitat for Humanity


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