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Mission d’urgence à Haïti

En quelques secondes, le violent séisme subi par Haïti le 12 janvier 2010 a fait plus de 200 000 morts et des centaines de milliers de blessés et de sans logis, laissant derrière lui un pays dévasté. La Cathédrale Notre-Dame, la Cour suprême, le palais présidentiel, etc., autant de lieux symboliques et chargés d’histoire pour le patrimoine haïtien, ont été partiellement ou totalement détruits.

Parce que la survie de l’Homme, c’est aussi sa culture, sa mémoire et son patrimoine, Patrimoine sans frontières a réalisé une mission d’urgence, qui s’est déroulée du 4 au 11 février 2010, en partenariat avec Bibliothèque sans frontières, et en réseau avec le Bouclier bleu et l’ICOMOS.

Les intervenants suivants étaient sur place :

- Delphine Mercier, Directrice de Projets pour Patrimoine sans frontières ;

- Frédéric Auclair, architecte des Bâtiments de France, Président de l’Association Nationale des Architectes des Bâtiments de France.

La mission d’urgence à Haïti s’est déroulée en coopération avec Jeremy Larchal, directeur de Bibliothèque sans frontières (BSF)

Origine de la mission :

La Bibliothèque Nationale d’Haïti a mandaté Bibliothèque et Patrimoine sans frontières afin de mener une mission d’expertise sur les bibliothèques et archives publiques d’Haïti. Objectifs de la mission :

1/ réaliser une étude pour le compte des Archives nationales et en coopération avec BSF sur l’état patrimonial des bâtiments des archives et bibliothèques publiques d’Haïti et autres biens mobiliers patrimoniaux ;

2/ réaliser une analyse technique du patrimoine culturel de Port-au- Prince et Jacmel ;

3/ mettre en réseau les institutions et associations concernées par la sauvegarde du patrimoine culturel d’Haïti afin d’inventorier les projets de restauration et de mise en valeur du patrimoine à mettre en oeuvre dans le cadre de la reconstruction du pays ;

4/ favoriser toute démarche de transmission de la mémoire d’Haitï pour une reconstruction enracinée dans l’histoire du pays.

Le Centre d’art

Longtemps ignorés au profit d’artistes plus académiques, les artistes naïfs haïtiens durent attendre le milieu du siècle dernier pour accéder à la reconnaissance du monde de l’art et bénéficier d’un lieu de formation. C’est en effet en 1944 que Peters Dewitt, peintre et professeur d’art, passionné par le style naïf des peintres des rues en Haïti, décide d’accueillir des autodidactes, en complément de ses élèves auxquels il dispensait un enseignement académique.

Le Centre d’art était né, et avec lui, le premier lieu de rencontre et d’échanges des artistes naïfs haïtiens, ainsi que la première galerie leur permettant de diffuser plus largement leur art et d’en vivre. Rejoignant les questionnements sur l’haïtianité abordés très tôt par l’anthropologue et sociologue Jean Price-Mars, l’art naïf haïtien a également permis et pour la première fois en Haïti d’ouvrir un espace de discussion sur les arts plastiques dans le pays. Installé dans une belle maison de style Gingerbread dans le centre de Port-au-Prince, le Centre d’art n’est plus aujourd’hui qu’un amas de ruines. Une partie des collections exposées a été détruite dans le séisme, quelques vols ont également été à déplorer. Ce que l’on a pu sauver est aujourd’hui conservé dans deux containers entreposés dans la rue devant le centre alors que quelques sculptures métalliques sont encore visibles au pied des ruines du bâtiment. Spécialité des artistes du quartier de la Croix des bouquets aujourd’hui totalement dévasté et réalisées à partir de pièces de récupération, elles étaient traditionnellement exposées au rez-de-chaussée du centre.

Les fresques de la cathédrale de la Trinité de Port-au-Prince

Construite en 1914, la cathédrale autorisa en 1950, sous l’impulsion du critique Selden Rodman et grâce au soutien de Monseigneur Charles Alfred Voegelide, des artistes du Centre d’art à orner de fresques l’intérieur de l’édifice. Très critiqué à l’origine car jugé non-conforme à l’idée que l’on se faisait alors de l’art religieux, cet ensemble de fresques, unique dans toute le pays, est progressivement devenu le sanctuaire très recherché des peintres naïfs, parmi lesquels Rigaud Benoît, Philomé Aubin, Castera Bazile ou encore Gabriel Lévêque.

Aujourd’hui gravement endommagé, l’édifice ne conserve plus que quelques bribes de ces évocations bibliques passées au travers du prisme haïtien : le Baptême du Christ de Bazile et La Cène d’Aubin sont encore debout, alors qu’un fragment de scène paysanne subsiste à l’une des extrémités de l’abside et que seule la signature de Castera Bazile a survécu sur la fresque de l’Ascension.

Les fragments de ces fresques sont menacés à très court terme par la saison des pluies : ces œuvres, au milieu d’un amas de ruines à ciel ouvert, ne sont pas protégées contre les intempéries et la pénurie de bâches à Port-au-Prince a empêché les responsables de la cathédrale de les abriter. Par ailleurs, les démolitions des ruines ont aujourd’hui commencé à Port-au-Prince.

Sensibilisés à leur patrimoine, les responsables de la Trinité isolent progressivement au milieu des gravats les fragments des fresques en vue d’une restauration ultérieure mais le temps est compté et le travail à réaliser considérable.

Patrimoine sans frontières appelle à une mobilisation urgente pour lancer une campagne internationale de sauvegarde, de restauration et de bonne conservation des derniers vestiges des fresques de la cathédrale de la Trinité, symbole important de la mémoire du peuple haïtien.

Réseau : Patrimoine sans frontières travaille en synergie avec la Bibliothèque nationale d’Haïti, l’Institut de sauvegarde du patrimoine Haïtien (ISPAN), l’ICOMOS, le Bouclier Bleu et l’ambassade de France à Port-au- Prince.

- Bibliothèques sans frontières - http://www.bibliosansfrontieres.org/
- Comité Français du Bouclier Bleu - http://www.bouclier-bleu.fr/
- ICOMOS - http://www.icomos.org/


Galerie photos

Note méthodologique sur la sauvegarde des peintures murales de la Cathédrale de la Sainte-Trinité

Patrimoine sans frontières avait, lors de sa mission de février 2010 consécutive au tremblement de terre en Haïti du 12 janvier 2010, signalé l’importance de la mise à l’abri provisoire des vestiges des peintures murales de la Cathédrale de la Sainte-Trinité à Port-au-Prince, en particulier au cours des conférences de presse du 15 février et du 13 avril 2010.

Le rapport de PSF a été largement diffusé en particulier par l’UNESCO . La fondation Smithsonian a effectué la mise à l’abri provisoire de ces œuvres identifiées par André Malraux lors de son voyages dans les Caraïbes.

PSF, en partenariat avec l’entreprise Tollis-Lefèvre dont le savoir-faire fait exemple dans ce domaine et avec l’ANABF, a souhaité faire une large diffusion de la note méthodologique visant à la dépose de ces œuvres pour une mise à l’abri définitive pour les haïtiens.

Nous remercions chaleureusement tous ceux qui continuent à contribuer au soutien d’Haïti dans cette période très éprouvante de son histoire. La culture peut être un des socles de sa reconstruction.

Pour obtenir la note méthodologique, veuillez envoyer un email à publication@patrimsf.org en précisant la langue.

Note métodologique (Français)

Note métodologique (Anglais)

Note métodologique (Espagnol)



Mobilisons-nous aux côtés du peuple haïtien !

Vieux bâtiments de Jacmel (ville coloniale du XIX e siècle)

Parce que nous pensons que la survie de l’Homme, c’est aussi sa culture, sa mémoire et son patrimoine, Patrimoine sans frontières se mobilise en faveur du patrimoine haïtien dans le cadre d’une mission d’urgence qui a eu lieu du 4 au 11 février 2010, en partenariat avec Bibliothèque sans frontières, et en réseau avec le Bouclier bleu et l’ICOMOS.

L’objectif de cette mission a été, d’une part, de participer à l’analyse technique du patrimoine de Port-au Prince et de Jacmel, pour préserver, dans la limite des conditions de sécurité des habitants, les traces du patrimoine haïtien. Notre mission permettra de collecter une documentation riche et d’établir sur place suffisamment de contacts pour travailler dès notre retour à des projets de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine à mettre en œuvre dans le cadre de la reconstruction du pays.

Pour mener à bien les futures actions découlant de cette mission d’urgence, PSF compte sur votre solidarité. Si vous souhaitez nous soutenir, vous pouvez faire un don en ligne : http://patrimoine-sans-frontieres.aiderenligne.fr/Haiti.html.

Par ailleurs si vous avez des photographies que vous auriez prises à Haïti avant le séisme, nous serions heureux de les regrouper sur notre site internet (contact : info@patrimsf.org). Cette documentation pourra se révéler utile dans la perspective de restaurations futures.

…je suis trop occupée à essayer de trouver un moyen d’entretenir la flamme de l’espoir, parce que la tâche qui nous attend est gigantesque. Et je suis occupée à recueillir les fragments de vie qui témoignent de l’immense courage et de l’extraordinaire résilience de notre peuple. Je suis occupée à aimer la vie et mon pays.
- Evelyne Trouillot, romancière, poète et dramaturge haïtienne - Courrier international, 1004, 38/01 – 3/02 2010, p. 21



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